Dépôt de l’initiative sur la réparation

19.12.2014

Près de 200 anciens enfants placés et victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance ont déposé aujourd’hui à Berne l’initiative sur la réparation. En seulement huit mois, plus de 110‘000 signatures valables ont été réunies. L’initiative sur la réparation a été lancée par un comité interpartis réuni autour de l’instigateur du texte, Guido Fluri, avec des associations de personnes concernées et le magazine Beobachter. Entre-temps, des représentantes et représentants de tous les partis ont décidé de soutenir l’initiative.

 

En Suisse, des dizaines de milliers d’enfants placés auprès de tiers et dans des foyers ont subi des mauvais traitements et des abus graves. Jusqu’en 1981, des milliers de personnes ont été placées par décision administrative sans décision de justice, et des médicaments ont été essayés sur les pensionnaires d’institutions. Des femmes ont été stérilisées de force, des enfants ont été donnés à l’adoption contre l’avis de leur mère ou placés dans des orphelinats et dans des foyers.

 

L’initiative sur la réparation veut étudier scientifiquement ce chapitre sombre de l’histoire suisse et créer un fonds de plus de 500 millions de francs pour les 20'000 victimes gravement touchées. Pour éviter le principe de l’arrosoir, une commission indépendante doit examiner chaque cas. L’argent du fonds non utilisé retournera aux investisseurs.

 

En seulement huit mois, 110'000 citoyens ont apposé leur signature à ces exigences de l’initiative. Cette récolte rapide de signatures montre que la population veut rapidement réparer l’injustice faite aux enfants placés et autres victimes graves. “C’est un signe clair de la population au politique“, affirme l’initiant Guido Fluri. “La plupart des victimes sont âgées, vivent souvent dans des conditions précaires et ont urgemment besoin d’aide et d’assistance“.

 

Large soutien du monde politique, de la culture et de la société

Depuis le lancement de l’initiative il y a huit mois, des milliers de politiciens et politiciennes nationaux et cantonaux de tous les partis ont adhéré au comité de soutien. De plus, l’initiative est soutenue par des intervenants scientifiques renommés, des responsables de haut rang des deux églises nationales, mais aussi par des représentants des paysans et des artistes suisses importants (http://wiedergutmachung.ch/fr/comite/). Co-initiante, la conseillère nationale PLR Sylvie Perrinjaquet dit: “Avoir réussi à atteindre en ce court laps de temps le nombre de signatures requis, démontre la ténacité des personnes concernées et la prise de conscience de celles et ceux qui ont apposé leur signature! Une période de notre histoire contemporaine sera reconnue, femmes et hommes victimes seront réhabilités“.

 

Nécessité d’une réaction rapide de la part du Conseil fédéral et du parlement

L’initiative sur la réparation est politiquement nécessaire, parce qu’il n’y a pour l’instant pas de base légale pour une réparation complète. La balle est maintenant dans le camp du Conseil fédéral et du parlement pour qu’ils réagissent et appliquent rapidement ses exigences. Le conseiller national des Verts Luc Recordon est convaincu que le mandat de la population trouvera un écho dans la Berne fédérale: “La période de récolte des signatures m’a fait encore mieux connaître et comprendre le besoin de reconnaissance et de réparation des victimes de placement injuste. Au Conseil fédéral désormais de faire une proposition de traitement adéquate“.

La Suisse n’est pas seule sur la voie de la réparation. D’autres pays ont déjà mis à disposition des centaines de millions pour traiter les cas d’abus qu’ils ont commis. Rien qu’en Irlande, plus de 1,2 milliards d’euros ont été réunis. Avec sa tradition humanitaire, la Suisse ne peut pas rester les bras croisés. Les victimes de mesures de coercition à des fins d’assistance et de placements extra-familiaux ont subi une grave injustice, raison pour laquelle l’Etat et la société doivent s’impliquer pour les personnes concernées.

 

Photos à télécharger: le comité d‘initiative et des personnes concernées déposent ensemble l’initiative sur la réparation.

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L’initiative s'est achevée avec succès. Depuis le mois de janvier 2017, la «Loi fédérale sur les mesures de coercition à des fins d’assistance et les placements extrafamiliaux antérieurs à 1981 (LMCFA)» est en vigueur.

Le formulaire pour demander une contribution de solidarité ainsi que d’autres informations utiles peuvent être consultés sous www.fszm.ch